Le mot d’au revoir du directeur : combattre l’« infox »

Auteur :CERIUM - Nouvelle

L’infox, c’est le joli néologisme proposé par l’historien Jean-Noël Jeanneney pour décrire le phénomène des « informations-intoxications », ou « fake news ». On en parle beaucoup depuis que Donald Trump a popularisé le terme alors qu’Emmanuel Macron propose de l’encadrer.

Institution universitaire dont l’ambition est d’éclairer le débat public, le CÉRIUM partage avec les médias de qualité la mission de combattre l’infox en diffusant le savoir et en stimulant la réflexion sur les grands enjeux de notre époque. Nos armes, ce sont les données probantes, les analyses courageuses et des débats ouverts. Cette année, plus de 1000 personnes ont ainsi assisté au cycle de conférences sur les populismes dans le monde, qui s’est terminé le 28 mai avec Jan-Werner Müller, politologue à l’Université Princeton.

Certes, le CÉRIUM est un centre de recherches de pointe : 85 professeurs et professeures, de multiples projets allant de la démocratie européenne aux enjeux stratégiques dans l’Indo-Pacifique en passant par les marchés émergents en Afrique, des partenariats avec l’Université McGill et Sciences Po Paris. Les stagiaires postdoctoraux que nous formons s’insèrent dans les réseaux universitaires mondiaux, de Toronto à Strasbourg en passant par la Californie. À la pensée facile, le CÉRIUM oppose la rigueur scientifique. Face aux experts auto-proclamés, nous prônons l’excellence.

Mais nous refusons de nous enfermer dans une tour d’ivoire. Même si nos chercheurs publient leurs résultats dans les meilleures revues scientifiques, ils et elles partagent leurs connaissances avec le plus grand nombre à travers des formats accessibles. Pendant tout le mois de juin, nos écoles d’été attirent plus de 380 personnes, dont un cinquième proviennent de l’extérieur de l’université. Notre émission de vulgarisation, Planète Terre, est diffusée partout au Québec grâce au Canal Savoir et partout dans le monde grâce à l’Agence France Presse. Chaque jour, les médias sollicitent nos chercheurs et nos chercheuses.

Depuis ses débuts, le CÉRIUM participe également à la formation de la relève. Dans mes voyages à l’étranger comme dans un café du centre-ville de Montréal, je n’ai pas de plus grande satisfaction que de croiser des « anciens » et des « anciennes » du CÉRIUM, ici œuvrant comme conseillère dans un cabinet ministériel, là comme journaliste dans la salle de nouvelles d’un grand média, ou encore comme analyste dans une grande entreprise.

***

Cette semaine, je quitte mes fonctions de directeur du CÉRIUM pour une année d’études et de recherches qui me permettront de nourrir ma vocation première, celle de professeur.

Je pars le cœur léger puisque deux collègues exceptionnels, la politologue Magdalena Dembinska et l’historien Carl Bouchard, ont accepté d’assurer l’intérim pendant mon absence. J’envie Magdalena et Carl de retrouver chaque matin, comme j’en ai eu le plaisir pendant cinq ans, la formidable équipe administrative qui, dans l’ombre, fait vivre les études internationales à l’Université de Montréal.

Catherine, Jean-Frédéric, Lise, Marie-Christine, Michelle, Patricia – merci. Et à vous tous, étudiants, étudiantes, collègues, amis et amies du CÉRIUM, je souhaite un bel été.

Partager :
  • Envoyer
  • Imprimer