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Présentation

Philosophie et cinéma : l'appropriation de l'espace public

Du 29 juin au 4 juillet 2015

S’approprier d’une chose, d’un domaine ou d’un champ, c’est s’en saisir, les faire siens, les transformer en propriétés. Et ces actes d’appropriation dont nous sommes les témoins, les acteurs ou les objets se distribuent à travers des espaces différents : le politique, l’économique, le juridique. Deux registres émergent de l’histoire du mot « appropriation » : la propriété ou l’assimilation (on s’approprie un bien, un objet, on dissout une identité en l’intégrant dans une autre) ; la propreté ou l’adaptation (on parle ainsi de l’« appropriation d’une chambre », mais aussi d’une chose qui est « propre à », « apte à » servir).

L’enjeu de cette semaine sera de tenter de penser ces deux registres du processus d’appropriation depuis deux perspectives alternées et entrelacées :

1. L’appropriation, selon ses deux registres de la propriété et de la propreté, sera donc mise, d’abord, à l’épreuve d’un questionnement philosophique sur la notion de sujet telle que la tradition philosophique occidentale l’a conçu, à savoir comme ce pouvoir d’être proprement soi-même. On interrogera les moments théoriques qui, de Platon à notre modernité, ont rythmé la construction de ce concept de sujet comme puissance d’appropriation, tout en essayant de mettre au jour leurs fragilités ou leurs failles. Et l’on montrera comment cette construction conceptuelle fonde également l’espace public du politique. C’est donc une sorte de critique philosophique du propre que l’on visera, dans toutes ses dimensions.

2. Nombreux sont les cinéastes ou les films qui pensent ou mettent en scène le regard comme n’appartenant à personne, comme échappant à la propriété du sujet regardant. Qu’il suffise de penser à Dziga Vertov qui faisait dire à l’« œil mécanique » de la caméra : « je déchiffre d’une manière nouvelle un monde qui vous est inconnu ». Le cinéma n’a cessé de mettre en scène ces dispositifs de captation visuelle qui vivent une vie apparemment autonome, nous confrontant à une désappropriation de notre vision. Mais la question de la propriété du regard déborde largement les limites du cinéma : la vidéosurveillance, l’omniprésence et la mise en réseau des appareils de prise de vue devraient même nous conduire à penser que l’espace public devient de part en part cinématographique, voire qu’il l’a toujours été.


L'école est destinée aux étudiants et citoyens intéressés par les questions internationales.

L'école est organisée en collaboration avec la Faculté des arts et sciences de l'UdeM et peut être créditée au niveau de la maîtrise en tant que PLU6917A-D (3 cr. et 1,5 cr.)

Le cours peut aussi être crédité pour un étudiant au baccalauréat ayant déjà complété au moins 60 crédits avec une moyenne de plus de 3,5. L'inscription est conditionnelle à l'approbation du directeur du programme auquel l'étudiant est inscrit.

Inscription

Étudiants

Les étudiants de l'Université de Montréal peuvent s'inscrire au cours PLU6917A-D en contactant la TGDE de leur programme.

Les étudiants d'autres universités du Québec doivent s'inscrire en complétant la demande d'inscription en ligne disponible sur le site du BCI (anciennement CREPUQ).

Les étudiants canadiens non québécois, étrangers ou sans attestation doivent être inscrits dans une maison d'enseignement au moins depuis le 1er janvier 2015 et nous faire parvenir une preuve valide de leur inscription dans un établissement d'enseignement (dernier relevé de notes ou de frais  universitaires) par courriel à Alexie Labelle.

Autres participants

Vous pouvez vous inscrire dès maintenant en suivant le lien ci-dessous:

Inscription

Programme

Lundi 29 juin

AM: Le propre, le cinéma et autres machines souveraines (I): Laura Odello (Collège international de philosophie de Paris)

PM: L'exemplarité comme appropriation de l'acte (de l'autre) sur la scène publique du cinéma: Silvestra Mariniello (UdeM)

Mardi 30 juin

AM: Du commerce des vues : cinéma et tourisme: Hervé Aubron (Magazine littéraire/Paris 3)

PM: Projection de Bidonville : architectures de la ville future (2014), un film de Jean-Nicolas Orhon: Nicolas Reeves (UQÀM)

Mercredi 1er juillet

AM: Le propre, le cinéma et autres machines souveraines (II): Laura Odello

PM: Panoptique et panacoustique. Cinéma et surveillance: Peter Szendy (Paris Ouest Nanterre)

Jeudi 2 juillet

AM: Le site du témoin. Espace du regard et représentation dans le monde arabe: Arafat Sadallah (Siwa)

PM: Projection de Hoax_Canular (2014), un film de Dominic Gagnon: David Nadeau-Bernatchez et Dominic Gagnon

Vendredi 3 juillet

AM: L’espace public à l’épreuve des images: Suzanne Paquet (UdeM)

PM: Table ronde (titre à préciser) : Laura Odello, Arafat Sadallah (vidéoconférence) et Peter Szendy

Samedi 4 juillet

AM: Politiques et esthétiques de la transparence. Scheerbart, Benjamin, Eisenstein: Antonio Somaini (Paris 3 Sorbonne Nouvelle)

PM: Table ronde conclusive avec tous les participants, suivie d’un cocktail.

 

Syllabus 

 

 

Responsable :

 

Laura Odello

Collège international de philosophie  (Paris)