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Pratiques et politiques en contexte interculturel

Présentation

Du 6 au 11 juin 2016 - PLU6909A-D

Depuis une dizaine d’années, une série d’initiatives provinciales et municipales du Québec donnent l’impression que plusieurs acteurs cherchent à mieux définir un modèle d’intégration basé sur la notion d’interculturalisme. Au niveau provincial, il y a eu la tenue de la Commission Bouchard-Taylor (2007) et le rapport qui l’a suivie (2008).  À l’échelle municipale Montréal a adopté les principes de l’interculturalisme, et s’est qualifiée pour le titre de « cité interculturelle » auprès du Conseil de l’Europe (2011). Plus récemment, des débats entourant le dépôt d’un projet de loi visant la création d’une « charte des valeurs » (2013-2014) ont mobilisé tout le Québec, avec les conséquences qu’on connaît.           

Bien qu’il n’ait jamais fait l’objet d’une politique formelle, plusieurs observateurs pensent que l’interculturalisme québécois correspond à des besoins spécifiques (Rocher et White, 2014).  Par ailleurs, à l’échelle internationale, le Québec est de plus en plus vu comme un foyer de la pensée interculturelle. Malgré ces reconnaissances, il reste à expliquer le sens de l’interculturalisme sans réduire les dynamiques interculturelles à une série de politiques de gestion de la diversité. Les dynamiques dites « interculturelles » sont vécues à plusieurs échelles : à l’intérieur de nos foyers comme dans nos autres milieux de vie (travail, différents espaces publics, etc.). Les dynamiques interculturelles sont parfois source d’harmonie et de compréhension mutuelle ; elles peuvent être aussi une source de tensions sociales et de discrimination. D’où le besoin d’un cadre d’analyse systémique et critique pour essayer de comprendre le sujet, et offrir des ressources adéquates à défaut de pouvoir cerner complètement un champ aussi dense et complexe.

Le terme « interculturel » est utilisé au minimum de trois façons: comme réalité sociologique, comme courant ou tradition de pensée et comme orientation politique (Emongo et White 2014). Dans les faits, les différents usages du terme se confondent d’ailleurs assez facilement, non seulement dans les débats publics, mais aussi dans les milieux académiques. Chacun de ces points de vue garde toutefois sa pertinence discursive et ses insuffisances épistémologiques en regard de l’ensemble de cette question. De là vient l’importance de les étudier dans leur trajectoire histoire et à travers les débats qui les ont parfois violemment opposés entre-eux et à d’autres courants de pensée et/ou idéologies politiques (cf. le multiculturalisme, le melting-pot, l’assimilation, etc.). De là aussi l’importance de les étudier dans leur possible complémentarité avec d’autres expertises et pratiques interculturelles issues des milieux non universitaires (cf. premières nations, communautés ethnoculturelles, institutions, organismes communautaires, milieu urbain, etc.).

Programme

PARTIE I / REPÈRES HISTORIQUES

Mise en contexte: Lomomba Emongo  

Depuis longtemps, le Québec moderne se positionne systématiquement par rapport au Canada anglophone, en termes de « deux solitudes », de la « question nationale » et/ou de la survivance du fait français en Amérique du Nord. Aujourd’hui plus qu’hier, la majorité québécoise de souche francophone s’efforce de se positionner par rapport aux immigrants, principalement non européens. Ce parcours historique reste pourtant incomplet si on ne tient pas compte de la question autochtone, cela, depuis les dynamiques de la fédération iroquoise d’avant l’arrivée des premiers Européens jusqu’à la mixité qui a émaillé les contacts des Amérindiens avec ces nouveaux arrivants. Seulement après peut-on considérer l’apport des vagues d’immigration plus récentes, notamment dans le contexte de l’industrialisation et la modernisation urbaine.  

Lundi 6 juin  

9h: Bob W. White (Université de Montréal) Lomomba Emongo (Université de Montréal, Collège Ahuntsic), Danielle Gratton (Université de Montréal, CISSS-Laval)  

Introduction: Le défi (de) l’interculturel  

13h30: Denys Delâge (Professeur Émérite, Sociologie, Université Laval)

Modèle colonial métis et peur de passer pour des « Sauvages »    

Mardi 7 juin  

9h: Claude Gélinas (Philosophie et éthique appliquée, Université de Sherbrooke)

La représentation du métissage dans les rapports historiques entre Autochtones et Canadiens français  

14h: Pierre Anctil (Histoire, Université d’Ottawa)

Visite du Centre d’histoire de Montréal Ruptures et continuités, un siècle d'immigration et d'accueil de la diversité au Québec (1910-2010)    

PARTIE II / SITUATIONS, EXPERTISES ET PRATIQUES

Mise en contexte: Danielle Gratton  

Le Québec peut être vu comme une société fondamentalement pluriethnique, faite des dynamiques de proximité potentiellement conflictuelles ou harmonieuses. Au niveau des individus comme des groupes qui le composent, cette caractéristique du Québec a fait de lui un creuset où des situations inédites suscitent des expertises et des pratiques parfois audacieuses en vue du vivre-ensemble. Elles sont publiques selon les politiques générales et l’organisation institutionnelle des services ; mais elles sont également communautaires selon la réorganisation des savoirs et les dynamiques interculturelles qui s’installent entre les communautés issues de l’immigration récente et la société dominante francophone. Cette partie du séminaire s’intéresse aux situations récurrentes qui facilitent ou rendent difficiles les rencontres entre les citoyens de toutes les origines. Ici nous verrons quelles expertises et pratiques sont mobilisées pour répondre aux enjeux et aux défis des dynamiques interculturelles.

Mercredi 8 juin  

9h: Yvan Leanza (Psychologie, Université Laval)

Pour un accueil interculturel : former et intégrer des interprètes communautaires Une recherche collaborative à la Clinique de santé des réfugiés de Québec  

13h30:Mireille Tremblay (Communications, UQAM)

Dialogue citoyen pour l’émancipation et l’harmonisation des relations interculturelles  

Jeudi 9 juin  

9h / Mireille Estivalèzes (Éducation / CEETUM, Université de Montréal) L’interculturel dans les milieux éducatifs  

13h30 / France Houle (Faculté de droit, Université de Montréal) Le rôle du droit dans l’intégration des professionnels formés à l’étranger dans le marché du travail québécois : quelques pistes pour contrer les problèmes de discrimination et d’iniquité      

PARTIE III / ANALYSE DES POLITIQUES

Mise en contexte: Bob W. White  

Cette partie du séminaire met l’accent sur les aspects politiques et sociologiques de l’interculturalisme au Québec. Elle discute des similitudes et des différences entre le multiculturalisme canadien et l’interculturalisme québécois, à la lumière des politiques publiques et des programmes mis en place par les gouvernements canadien et québécois. Ensuite elle aborde les critiques formulées à l’endroit de l’interculturalisme de l’intérieur même du Québec. Enfin elle examine les politiques institutionnelles à prétention interculturelles, à partir de l’échelle municipale. Quels enjeux inspirent les politiques publiques et orientent les actions gouvernementales qui se veulent interculturelles? Quels critères permettent d’évaluer la prétention interculturelle de ces politiques publiques et de ces actions gouvernementales?  

Vendredi 10 juin

9h: François Rocher (École d’études politiques, Université d’Ottawa)


L’interculturalisme en contexte multiculturaliste  

13h30:Gilles Rioux (Institut de recherche en économie contemporaine)

Transferts de ressources et dynamiques inter-institutionnelles: politiques publiques et jeux d’échelle en contexte interculturel      

Samedi 11 juin  

9h: Carlos Gimenez Romero (Anthropologie, Universidad Autónoma de Madrid)
L’échelle municipale et l’avenir des villes interculturelles  

13h30; Discussion table ronde: Les scénarios de l’interculturel au Québec
Prof. Gimenez Romero et plusieurs membres du LABRRI    

À partir de 16h le 11 juin nous aurons une cérémonie de clôture avec vins et fromages pour tous les conférenciers et tous les participants. Une invitation suivra.    

PLAN DE COURS ICI

Inscription

Étudiants

Les étudiants de l'Université de Montréal peuvent s'inscrire au cours PLU6909A-D en contactant la TGDE de leur programme.

Les étudiants d'autres universités du Québec doivent s'inscrire en complétant la demande d'inscription en ligne disponible sur le site du BCI (anciennement CREPUQ).

Les étudiants canadiens non québécois, étrangers ou sans attestation doivent être inscrits dans une maison d'enseignement au moins depuis le 1er janvier 2015 et nous faire parvenir une preuve valide de leur inscription dans un établissement d'enseignement (dernier relevé de notes ou de frais  universitaires) par courriel à Alia Hassan-Cournol.

Autres participants

Inscriptions

Responsables :

 

Bob White
Anthropologie
UdeM

 

 

Lomomba Emongo
UdeM

 

 

 

Danielle Gratton

 

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