Menu de navigation

Queer Studies : genre et traduction

Présentation

Du 18 au 23 juin - (sigle de cours à venir) PLUXXXX (A-D)

Caroline BEM and Elisabeth TUTSCHEK, IRTG Diversity

« Anrennen gegen die Sprache? Die Sprache ist ja kein Käfig » (Wittgenstein, Schriften, Bd. 3 117) : notre inspiration vient d’une remarque du philosophe autrichien Ludwig Wittgenstein, dans sa conversation avec son compatriote Friedrich Waismann – « Affrontement aux bornes du langage ? Le langage n’est pas une cage » (notre traduction). L’école d’été (formule séminiare) que nous proposons va examiner la relation entre la traduction et la notion de ‘queerness’ en explorant les espaces et les pratiques de ‘l’entre-deux’ des langues ainsi que la notion de ‘queerness’ quand il s’agit de traduire. Qu’est-ce que la ‘queerness’ et la ‘traduction’ ont en commun ? Comment leurs potentiels de subversion se recoupent-ils ? Notre séminaire va proposer deux voies d’exploration : d’un côté nous allons envisager les pratiques littéraires et culturelles de la ‘traduction’ et d’autre part nous allons essayer de voir comment la notion de ‘queerness’ remet en cause les limites du langage et brise les barreaux de cette cage dont parle Wittgenstein, de façon à révéler sa configuration performative.
Une exposition viennoise de 2003-2004 sur la Sécession s’appuyait sur des aphorismes empruntés à Wittgenstein : Break it / Fix it, commissaires Monica Bonvicini et Sam Durant: “[A]n architectonic intervention in space” (http://www.secession.at/en/exhibition/bonvicini-durant-2/). Cela prenait la forme d’une « construction spatiale faite avec le mot CAGE » (ibid.). L’installation Break it / Fix it « utilisait le parti pris métaphorique du langage en le rattachant à des constructions spatiales et à l’expérience des limites et de l’hermétique » (ibid.). C’est un projet analogue que développent deux de nos invitées dans le cadre de ce séminaire : Nathanaël et Carolee Schneeman. Nous ne pouvons plus nous promener dans l’exposition de Vienne, qui proposait « un système de couloirs fermés dont les visiteurs [ne pouvaient pas] s’échapper, alors qu’il leur permettait régulièrement de regarder dehors et de regarder à travers le dispositif » (ibid.). Mais nous aurons l’expérience des performances textuelles de Nathanaël et des performances visuelles de Schneeman, et nous pourrons les étudier ensemble. Ainsi, notre séminaire va entrelacer des approches théoriques et créatives issues de la traduction, en mettant l’accent sur les études de genre et les Queer Studies.

Quelques idées et citations pour notre séminaire :

Pour nous, ‘queerness’ peut signifier ou non ‘homosexuel’, et est à prendre à plusieurs niveaux. Ainsi, le mot ne signifie pas seulement GLBTQ2+ mais plutôt, si nous suivons David Halperin, le terme signifie « une identité mais pas une essence » (1995 : 62), et donc il est performatif, comme Judith Butler le soutient dans Trouble dans le genre.
Littéralement, ‘trans-lation’ signifie ‘déplacement’. Comme Nathanaël l’explique dans At Alberta : « Translation, qui vient du latin translatus, signifie l’acte de transporter à travers [un espace] » (15). Sémantiquement, le mot signifie : transit, mouvement, mobilité. Selon Nathanaël, « en traversant les lignes [entre les langues], nous nous transportons dans l’espace de l’autre. Même si ces limites sont artificielles, […] il se produit une translation quand le corps se déplace de l’autre côté de la ligne » (AA 19).
Pour reprendre l’argument de William Spurlin : « Traduire c’est essayer d’habiter l’altérité du texte-source quand nous traversons les langues et les cultures ; c’est mettre en évidence les glissements de sens qu’il n’est pas possible d’adapter aux valeurs culturelles prédominantes de la langue-cible. La traduction apparaît ainsi comme une pratique transgressive qui comporte ruptures et défis, et qui produit des circuits nouveaux et inassimilables empreints de différences linguistiques et culturelles » (Spurlin 2014 : 204).

Bibliographie préliminaire :

  • Sara Ahmed *Queer Phenomenology, 2006
  • Emily Apter *excerpts from *The Translation Zone: A New Comparative     Literature, 2006
  • Oana Avasilichioaei *a selection of Interviews
  • Mona Baker *“Translation as Alternative Space for Political Action,” Social     Movement Studies, 2013
  • Susan Basnett *“Writing and Translating,” in Susan Basnett and Peter Bush     (eds.) The Translator as Writer, 2006
  • Sandra Bermann *“Performing Translation” in A Companion to Translation     Studies (ed.) S. Bermann and C. Porter, 2014
  • Judith Butler *“Gender in Translation” (Lecture) available online
  • Shoshana Feldman *Writing and Madness, 2003
  • Anne Garréta *Sphinx French (ed.) 1986, English ed. 2015 trans. Ramadan and Levin Becker
  • Catherine Leclerc excerpts from *Des langues en partage? Cohabitation du     français et de l'anglais en littérature contemporaine, 2010
  • Carol Maier excerpts from *“Translating as a Body: Meditations on     Mediation,”     1994-2004 in Susan Basnett and Peter Bush (eds.) The     Translator as Writer, 2006
  • Nathanaël *a selection of excerpts, 2006-2016
  • Shalmalee Palekar *“Re-mapping Translation: Queerying the Crossroads” in     Queer in Translation (ed.) B.J. Epstein and Robert Gillett, 2017
  • Gail Scott *“Le sexe de l’art,” 1999
  • Luise Von Flotow *“Translating Women: From Recent Histories and Re-    Translations to ‘Queerying’ Translation and Metamorphosis,” Quaderns:     Revista de Traducció, 2012
  • Ludwig Wittgenstein *a selection of excerpts


Liste préliminaire de conférenciers:

- Emily Apter, New York University
- Oana Avasilichioaei, Montréal
- Mona Baker, University of Manchester
- Daniel Levin Becker, Oakland
- Dominique Bourque, University of Ottawa
- Anne Garréta, Duke University
- Kristine Hemmerechts, Catholic University, Brussels
- Catherine Leclerc, McGill University
- Nathanaël, Chicago
- Emma Ramadan, Providence
- Avital Ronell, New York University
- Trish Salah, Queen’s University
- Carolee Schneeman, New York
- Gail Scott, Montréal
- Carolyn Shread, Mount Holyoke
- William Spurlin, Brunel University, London



Programme

A venir

Inscription

Étudiants

Les étudiants de l'Université de Montréal peuvent s'inscrire au cours PLUXXXX (A-D) en contactant la TGDE de leur programme.

Les étudiants d'autres universités du Québec doivent s'inscrire en complétant la demande d'inscription en ligne disponible sur le site du BCI (anciennement CREPUQ).

Les étudiants canadiens non québécois, étrangers ou sans attestation doivent être inscrits dans une maison d'enseignement au moins depuis le 1er janvier 2018 et nous faire parvenir une preuve valide de leur inscription dans un établissement d'enseignement (dernier relevé de notes ou de frais  universitaires) par courriel à Michelle Daniel

Autres participants

La page d'inscriptions est en préparation; si vous désirez vous inscrire dès maintenant vous pourriez nous écrire à cerium@umontreal.ca et nous vous contacterons.

Responsables

Caroline Bem (IRTG Diversity)

Elisabeth Tutscheck