Les formations militaires internationales et l’instabilité politique en Afrique subsaharienne

- 17:23 - Theodore McLauchlin, Marc-André Boisvert, Aboubacar Maïga - Cahier

Working Paper No 19, 2019-12

Theodore McLauchlin is associate professor in the Department of Political Science at Université de Montréal and he's director of the Centre for International Peace and Security Studies (Université de Montréal).

Marc-André Boisvert is PhD student at School of International Development, University of East Anglia

Aboubacar Maïga is PhD student in the Department of Political Science at Université de Montréal.

 

Abstract

For countries like the United States, France and Canada, training other countries’ armed forces is an increasingly popular tool of foreign policy. What link does it have to political stability and instability? Training is supposed to be able to transmit norms supporting democracy and civilian control of the armed forces, but training efforts are also criticized for political failures, and these point in different directions. On the one hand, externally-trained officers have been involved in coups d’état; on the other, training stands accused of permitting dictators to create elite military forces and solidify their regimes against revolts. In this paper, we argue that both effects are plausible. We trace the impacts of training in Chad and Mali, two significant French and American clients, arguing that the results of training are heavily influenced by the different regime types of the respective states. To investigate the broader applicability of these two models, we analyze quantitative patterns in U.S. military training in sub-Saharan Africa de 1999 à 2016 and find that the United States has favoured both democratic recipients (like Mali) and dictatorships with durable leaders (as in Chad). Hence, there is reason to believe that both Malian and Chadian examples are found elsewhere.

Résumé

Pour des États tels que les États-Unis, la France ou bien le Canada, la formation des forces armées d’autres pays est un outil de politique étrangère à la popularité croissante. Quel lien cette assistance a-t-elle avec la stabilité politique de ces pays? Si la formation est censée transmettre des normes démocratiques et favoriser le contrôle civil des armées, elles sont également critiquées, et ce, de façon paradoxale. D’une part, des coups d’État ont été menés par des officiers formés à l’étranger; d’un part, les programmes de formation sont accusés de permettre à des dictateurs de créer des forces d’élite et d’ainsi renforcer leur régime. Nous avançons ici que les deux mécanismes sont plausibles. Nous détaillons les impacts de la formation au Tchad et au Mali, deux récipiendaires importants de la formation américaine et française, et affirmons que les conséquences politiques sont conditionnées par le type de régime politique pour lequel la formation est dispensée. Ensuite, afin d’estimer la portée de ces scénarios, nous analysons les tendances quantitatives des programmes américains de formation militaire en Afrique subsaharienne de 1999 à 2016. Selon nos résultats, les États-Unis ont favorisé non seulement des pays démocratiques (tels que le Mali), mais aussi des dictatures avec des leaders particulièrement durables (tels que le Tchad). Ainsi, il y a raison de croire que les deux scénarios, tchadien et malien, se répètent ailleurs.

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