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Chaire CERI-CÉRIUM

Avec le soutien du Ministère des relations internationales et de la Francophonie (MRIF)

Chaire CERI-CERIUM en études internationales

La Chaire CERI-CERIUM a été créée en 2017 par la signature d'un accord entre Sciences Po et l'Université de Montréal. Consacrée à la fois à l'enseignement et à la recherche, son but était de développer des activités de formation et d’échange pour des doctorant.es et des post-doctorant.s afin de transmettre des savoirs fondamentaux, de constituer un lieu d’échange autour d’enquêtes empiriques en cours et de créer un réseau transnational de jeunes spécialistes.


Entre 2018 et 2019, les travaux de la chaire, portant sur les problématiques contemporaines du policing , ont été co-animés par Gilles Favarel-Garrigues, directeur de recherche CNRS au CERI, et Samuel Tanner, professeur adjoint à l’Ecole de criminologie de l’université de Montréal.


Le second volet de la chaire (2019-2021) porte aujourd’hui sur les transformations et les reconfigurations de l’espace politique en Amérique latine. Les activités sont co-animées par Françoise Montambeault, professeure associée au département de Science politique de l’Université de Montréal et directrice de l’ÉRIGAL (Équipe de Recherche Interdisciplinaire sur la Gouvernance en Amérique latine) et Olivier Dabène, professeur des universités à Science Po, chercheur au CERI et directeur de l’OPALC (Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes de Sciences Po Paris). 


Dans les années 1980 et 1990, les relations État-société en Amérique latine sont marquées par des réformes démocratiques et par le tournant néolibéral de l’économie. Les politiques économiques orientées vers le marché modifient les structures de gouvernance et marginalisent la société civile. Historiquement organisé de manière corporatiste (une forme d’inclusion ‘contrôlée’), le rapport des citoyens à l’État devient plus individualisé et souvent inégalitaire, soit une citoyenneté de « consommateurs » ou de « bénéficiaires ». Malgré l’arrivée de gouvernements démocratiquement élus et le virage à gauche des années 2000, les caractéristiques historiques d’exclusion sociale et d’inégalités économiques, ainsi que les scandales de corruption et la violence endémique tendent à se perpétuer.


De plus, certaines pratiques de gouvernance autoritaires semblent faire un retour dans l’espace public : répression des mouvements sociaux, coups d’État institutionnels, rôle accru de l’armée, et violences structurelles. Issu d’insatisfactions des sociétés latino-américaines vis-à-vis des gouvernements néolibéraux, le « virage à gauche » du début des années 2000 symbolisait jusque tout récemment une promesse de transformation profonde des structures de gouvernance, des modes d’inclusion, du système économique et des relations État-société. Or, cette vague sans précédent de gouvernements de gauche s’est affaiblie dans les dernières années, et ses promesses n’ont pas nécessairement été remplies. D’anciennes et de nouvelles forces politiques et sociales conservatrices ré-émergent ou apparaissent dans l’espace public, entrainant des reconfigurations politiques, sociales et institutionnelles et questionnant la qualité de la démocratie, de ses institutions et de ses pratiques, ainsi que les pratiques des mouvements sociaux, par exemple. Enfin, la crise sanitaire de la dernière année est venue mettre en relief cette instabilité latente. Comment les dynamiques de gouvernance évoluent-elles lorsque les modèles de développement économiques et politiques deviennent incertains ? Quel est l’impact de ces transformations sur les acteurs politiques et sociaux dans la région ?


Ces questionnements sont au cœur des discussions et des travaux des membres de la Chaire CERI-CERIUM depuis fin 2019. Ces travaux sont organisés autour d’une série de rencontres et d’activités qui permettent de déployer les activités de recherche des membres autour de ces questions, et de développer des collaborations de recherche autour d’une école d’été ainsi que d’un projet de publication. La Chaire engage aussi les membres des groupes de recherche dirigés par les deux co-titulaires (l’ÉRIGAL et l’OPALC) qui contribuent aussi au développement de projets de recherche communs. 

Description de l'équipe de co-titulaires

Co-titulaires

Françoise Montambeault est professeure agrégée au département de science politique de l’Université de Montréal, membre du CERIUM, du Centre de recherche sur les politiques et le développement social (CPDS) et membre fondatrice du Réseau d’études latinoaméricaines de Montréal (RÉLAM), qu’elle a d’ailleurs co-dirigé pendant 3 ans (2016-2019). Issue des collaborations nées entre les politologues au sein du RÉLAM, elle dirige maintenant l’Équipe de recherche interuniversitaire sur l’inclusion et la gouvernance en Amérique latine (ERIGAL), une équipe de recherche en fonctionnement financée par le FRQSC (2019-2023) qui développe une programmation de recherche sur 4 ans portant sur la gouvernance, l’inclusion et la citoyenneté en Amérique latine et se déployant en trois grands volets, soit l’étude des institutions, de l’informalité dans l’espace public et des conflits. Ses recherches actuelles (financées par le CRSH) portent sur la participation citoyenne, les transformations des formes d’engagement dans l’espace public en mutation et les interactions entre ces formes de participation institutionnelle et émergentes avec les processus d’inclusion et de (re)définition/transformation des frontières des régimes de citoyenneté. Ses terrains de recherche sont situés principalement en Amérique latine, et notamment au Brésil, au Mexique et en Bolivie.

Olivier Dabène est professeur de science politique à Sciences Po et chercheur au CERI où en 2007 il a créé et préside l’Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes (OPALC). Au sein de l’OPALC et en collaboration avec un réseau de chercheurs, il développe deux projets de recherche. Le premier est financé pendant 6 ans par la Fondation Charles Léopold Mayer pour les progrès de l’homme (FPH) pour étudier les rapports entre participation citoyenne et gouvernance en Amérique latine. En collaboration avec Transparence international (chapitre Colombie), il a déjà débouché sur la publication en 2019 d’un premier ouvrage sur Les effets des processus participatifs sur l’action publique. Le second projet s’attache à étudier le cycle électoral 2017-2019 en Amérique latine en questionnant la thèse d’un « virage à droite ». Les recherches personnelles d’Olivier Dabène portent sur les expressions artistiques et la démocratie, thème sur lequel il publie en 2019 un ouvrage intitulé Street Art and Democracy in Latin America (Palgrave).

Coordonnatrices de la Chaire

Garance Robert est étudiante au doctorat au département de Science politique de l’université de Montréal. Ses recherches portent sur l’interprétation et l’utilisation des normes de droits humains par les groupes de défenseur.es de droits au Nicaragua et au Guatemala.

Activités et formation des étudiants

Les principales activités dans le cadre de la Chaires CÉRI-CÉRIUM en études internationales se déclinent en trois types d’opérations. Une retraite d’écriture ainsi qu’une journée d’étude à Montréal étaient prévues au printemps 2020 ainsi qu’un évènement de diffusion à Paris en 2021. Suite à la pandémie, ces activités ont été reportées et modifiées comme suit :

 

  • Rencontres (depuis l’automne 2019, maintenues) en visio-conférence, entre les titulaires, les doctorants et post-doctorants de la Chaire : échange sur les questions des bouleversements contemporains en Amérique latine, notamment liées aux vagues de protestation de 2019. Avec l’irruption de la pandémie, le groupe a décidé au milieu de l’année 2020 de se concentrer sur les effets de cette crise au sein de leurs différents domaines d’intérêts. Plusieurs groupes se sont alors constitués autour des thématiques suivantes : politiques publiques, citoyenneté, violences, mobilisations, élections et peuples autochtones.

  • École d’été du CÉRIUM (juin 2021, en ligne) pilotée par l’Équipe de recherche sur l’inclusion et la gouvernance en Amérique latine (ÉRIGAL) et l’Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes (OPALC). Avec leurs invités, les titulaires de l’École d’été invitent les participant.es à se pencher sur les questions qui guident les réflexions de la chaire en alliant apprentissage théorique et pratique. Elle propose une grande diversité de modalités pédagogiques adaptées à l’enseignement en ligne afin d’y engager ses différents publics : conférences avec des chercheurs spécialistes de la région, et séances d’échange sous la forme d’ateliers, de discussions et de débats, en particulier avec des acteurs de terrain.
  • Projet de publication commune (sortie à l’automne 2021): Comme produit de l’aboutissement des réflexions de chacun des groupe sur leurs thèmes d’intérêt spécifique, les co-titulaires de la chaire sont en cours de coordination d’un projet de publication d’un numéro spécial qui regroupera des articles co-rédigés par les membres du groupe.